Festen est le nom d’un duo qui a fait de l’architecture intérieure un exercice de précision sensible. Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay imaginent des lieux vivants, nourris par l’histoire, le mobilier chiné et une certaine idée de la convivialité française.
En bref
| Point clé | À retenir |
|---|---|
| Origine | Festen est fondé en 2011 par deux diplômés de l’École Camondo. |
| Signature | Des intérieurs épurés où l’ancien dialogue avec des lignes contemporaines. |
| Méthode | Le contexte du lieu guide chaque projet, plutôt qu’un décor plaqué. |
| À éviter | Copier un hôtel Festen sans conserver l’âme propre de son intérieur. |
Festen, le duo incontournable qui fait dialoguer histoire et modernité
Dans le paysage parisien de l’architecture intérieure, Festen a installé une grammaire immédiatement identifiable : des volumes lisibles, une matière bien choisie, une pièce ancienne qui ne joue jamais les figurantes. Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay ont fondé leur agence en 2011, à la sortie de l’École Camondo, après avoir remporté un projet d’appartement dans le 7e arrondissement de Paris. Une entrée en matière sans échauffement, mais avec une vraie logique : leur regard commun était déjà prêt à se confronter au réel.
Le nom n’a rien d’anodin. En danois, « Festen » évoque la fête et le festin. Il résume assez bien l’attention que le duo porte aux usages : recevoir, circuler, s’asseoir longtemps, ouvrir une bouteille, laisser un manteau sur un dossier de chaise. Un intérieur réussi ne se résume pas à une belle image cadrée au millimètre. Il doit accepter la vie quotidienne, les enfants qui déplacent un tabouret, les livres qui s’empilent et le bouquet qui penche un peu après trois jours.
Cette approche n’est pas une décoration de surface. Elle part de ce qui existe déjà : une moulure haussmannienne, un parquet ancien, une cheminée de marbre, mais aussi un mur imparfait ou la lumière particulière d’un couloir. Festen ne cherche pas à effacer les traces du temps. Le duo les organise, les contraste, les rend désirables. Dans un appartement parisien très classique, cela peut passer par une banquette aux lignes franches, un luminaire sculptural ou une table dessinée sur mesure, sans transformer les lieux en musée.
Le projet de maison à Sperone, en Corse, a confirmé très tôt cette manière de travailler. Puis les commandes ont suivi, de Paris à Londres, de la Côte d’Azur à Mexico. À chaque fois, l’enjeu reste le même : créer une passerelle entre le caractère d’un bâtiment et l’époque dans laquelle il est habité. C’est tout l’inverse d’un intérieur préfabriqué. Une table basse brutaliste n’a pas le même poids dans un salon des années 1970 que dans un hôtel particulier du XIXe siècle ; Festen le sait et compose avec cette tension.
Une architecture intérieure qui préfère la justesse au décor spectaculaire
Leur esthétique est souvent décrite comme masculine, sobre et chaleureuse. L’expression mérite d’être précisée. Les lignes sont nettes, parfois presque graphiques, mais la sensation finale n’est jamais froide. Le velours, le noyer, la pierre, le bronze patiné, le cuir ou le cannage apportent du relief. Les teintes restent volontiers terreuses : brun tabac, brique sourde, ivoire, vert mousse, bleu profond. Rien ne cherche à crier depuis l’étagère.
Pour un lecteur qui aménage un appartement ancien, la leçon est très concrète. Au lieu d’accumuler les signes d’un style bohème ou les références aux années 1970, il vaut mieux choisir deux ou trois matières fortes. Un fauteuil en rotin naturel, une applique en laiton vieilli et un tapis de laine dense suffisent souvent à installer une ambiance. Le reste doit respirer. C’est ce dosage qui rend une pièce durable, même lorsque les tendances tournent plus vite qu’un ventilateur en plein mois d’août.
Le parcours du duo trouve naturellement sa place parmi les designers et architectes d’intérieur incontournables à suivre en 2026. Leur influence tient moins à un geste décoratif spectaculaire qu’à une capacité à rendre chaque espace évident. Un lieu Festen semble avoir toujours été ainsi, ce qui est précisément le signe d’un travail très construit.
Le fil conducteur est simple : respecter le passé d’un lieu sans le laisser décider seul de son avenir.

Pourquoi le nom Festen dépasse le film danois et devient une signature déco
Impossible d’entendre Festen sans penser, pour une partie du public, au film danois de Thomas Vinterberg, sorti en 1998. Cette œuvre phare du mouvement Dogme 95 raconte un anniversaire familial qui bascule lorsqu’un fils dévoile une vérité insoutenable. Le récit est un drame familial d’une violence retenue, où la réception bourgeoise devient le théâtre d’un effondrement. La relation père-fils, le poids du silence et le secret de famille y sont traités avec une intensité rare.
Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay ont déjà expliqué aimer ce film, tout en soulignant que le choix de leur nom ne relevait pas d’une transposition directe. Le mot danois leur plaisait d’abord pour sa sonorité et sa dimension conviviale. Cette double lecture est néanmoins intéressante : d’un côté, la fête et le partage ; de l’autre, une œuvre qui révèle ce que les apparences tentent de tenir caché. En architecture intérieure aussi, les lieux ont parfois leurs non-dits. Une maison peut sembler parfaite et mal fonctionner au quotidien ; un hôtel peut être ravissant mais ne pas offrir le moindre endroit où souffler.
Festen, l’agence, répond à cette question par l’usage. Comment les personnes se rencontrent-elles ? Où s’installe-t-on pour lire, travailler, dîner ou attendre un ami ? Quelle lumière accompagne un petit-déjeuner d’hôtel à 8 heures plutôt qu’un cocktail à minuit ? Ces détails composent une véritable psychologie de l’espace. Un couloir n’est pas seulement un couloir : il prépare une arrivée. Une banquette n’est pas seulement une assise : elle crée une scène collective, presque une petite troupe de théâtre où chacun prend place à sa façon.
Quand la maison devient une scène de vie, sans jouer la comédie
Le parallèle avec le cinéma s’arrête là où commence le métier. Dans le film, la maison familiale est un écrin oppressant : trop de monde, trop de regards, trop de règles. Dans un projet d’architecture intérieure bien mené, l’objectif consiste au contraire à libérer les gestes. Festen travaille les seuils, les assises et les matières pour rendre une pièce plus intuitive. On comprend où déposer son verre, où se mettre à l’écart et où une conversation peut durer.
Cette attention se retrouve dans le choix du mobilier. Une chaise cannée Louis XVI, reconnaissable à son dossier médaillon ou rectangulaire et à ses pieds fuselés, peut apporter une respiration légère dans une salle à manger contemporaine. Produite dans son style d’origine à partir des années 1770, elle n’a pas besoin d’être entourée de bibelots Empire pour exister. Associée à une table en chêne massif très sobre, elle crée un contraste précis, plus vivant qu’un ensemble acheté d’un seul bloc.
Le cannage joue ici un rôle particulier. Le cannage de Vienne, avec son motif hexagonal régulier popularisé au XIXe siècle par Michael Thonet, laisse passer l’air et la lumière. Il allège visuellement un siège. Une chaise Thonet n°14, conçue en 1859, est devenue l’une des grandes icônes de cette économie de moyens : bois courbé, assise cannée, silhouette sans emphase. Sur le marché de la chine en 2026, une version authentique à restaurer peut se négocier entre 80 et 250 euros selon l’état, la marque estampillée et la région ; une paire complète et bien conservée grimpe naturellement davantage.
Pour celles et ceux qui s’intéressent aux ombres, aux textures et à cette lumière filtrée par les fibres, l’art des silhouettes solaires offre un prolongement très juste. Dans un intérieur, un cannage ou un rotin bien placé dessine parfois plus d’ambiance qu’un mur repeint à la hâte.
Chez Festen, la convivialité n’est jamais un décor : elle se construit par les proportions, la circulation et le droit de s’installer vraiment.
Comment Festen construit des intérieurs qui ne se démodent pas
Le piège le plus courant, lorsqu’on admire les projets de Festen, consiste à vouloir les reproduire à l’identique. Un salon sombre, quelques luminaires vintage et une chaise en cannage ne suffisent pas à obtenir cette allure. Le duo travaille d’abord les volumes, puis les matières, avant de choisir les objets. Cette chronologie est un excellent réflexe à adopter chez soi, même avec un budget bien plus sage.
Commence par regarder ce qui résiste dans ton intérieur : la hauteur sous plafond, la direction de la lumière, la couleur du sol, les portes d’origine, le dessin des fenêtres. Dans un deux-pièces des années 1930, par exemple, un parquet chêne miel impose déjà une chaleur visuelle. Ajouter un grand canapé camel, une commode en bois foncé et un tapis terracotta peut vite alourdir l’ensemble. Mieux vaut réserver le brun profond à une seule pièce forte, comme une table d’appoint ou un fauteuil, et garder des murs en blanc cassé ou en gris de lin.
La méthode en cinq gestes pour composer sans figer
- Mesure les volumes avant tout achat : passage, ouverture de porte et profondeur réelle des assises.
- Choisis une matière dominante, comme le chêne, le noyer, le rotin ou le métal patiné.
- Ajoute une pièce ancienne identifiable plutôt que cinq faux-vintages anonymes.
- Travaille l’éclairage en couches : plafonnier, lampe basse et lumière d’appoint.
- Laisse des zones calmes pour que les textures respirent et que le regard se repose.
Cette liste paraît élémentaire, pourtant elle évite la majorité des achats regrettés. Prenons le cas fictif de Léa et Martin, qui rénovent un appartement haussmannien à Lyon. Leur premier réflexe est d’installer un imposant fauteuil Emmanuelle en rotin dans le séjour. La pièce fait 18 m² : le dossier spectaculaire prend toute la perspective. En le déplaçant dans la chambre, devant un mur clair, le fauteuil retrouve sa fonction de pièce sculpturale. Dans le salon, deux chaises bistrot cannées et une banquette basse suffisent à conserver la légèreté recherchée.
Festen dessine également du mobilier sur mesure quand le projet l’exige. C’est une idée essentielle : les grandes pièces de design naissent souvent d’un besoin précis. Les sièges de Pierre Jeanneret créés pour Chandigarh dans les années 1950 répondent à un programme urbain et climatique particulier. Les aménagements de Charlotte Perriand aux Arcs, développés entre les années 1960 et 1980, dialoguent avec la montagne, le pin et les usages collectifs. Copier leur silhouette sans comprendre leur raison d’être donne souvent une décoration déguisée.
Le bon réflexe consiste donc à emprunter une logique, pas une image. Une console étroite dessinée pour ton entrée, un banc simple recouvert d’un coussin de laine ou une étagère qui suit une niche existante auront plus de force qu’un meuble tendance mal dimensionné. L’architecture intérieure commence rarement par une liste d’envies ; elle commence par une contrainte bien observée.
Ce qui dure n’est pas ce qui impressionne au premier regard, mais ce qui répond parfaitement à la manière dont une pièce est vécue.
Le Pigalle par Festen : comprendre la révélation d’un hôtel parisien vivant
Le Pigalle compte parmi les projets qui ont installé Festen au centre de la scène internationale de l’architecture intérieure. L’hôtel n’est pas pensé comme un décor parisien générique, avec moulures blanches, macarons sous cloche et fauteuils trop précieux pour être approchés. Il raconte plutôt un quartier : Pigalle, ses musiciens, ses collectionneurs de disques, ses nuits, ses cafés et cette énergie un peu bancale qui fait son charme.
La force du projet tient à sa capacité à faire entrer la ville dans les chambres. Vinyles, livres, objets sélectionnés, pièces de mobilier vintage et éléments sur mesure construisent un récit sans le surligner. Chaque détail semble avoir été trouvé au fil d’une marche, d’une rencontre ou d’une chine. Pourtant, l’ensemble est orchestré avec rigueur. Le désordre, en décoration, est un sport de haut niveau : il faut beaucoup de méthode pour qu’il ait l’air naturel.
La révélation n’est donc pas un objet unique, mais une manière de programmer l’atmosphère. Les chambres peuvent accueillir des références aux années 1950, 1960 ou 1970, sans devenir des capsules nostalgiques. Une assise en velours dialogue avec une lampe contemporaine, une table vintage côtoie un cadre plus brut. Les associations sont assez libres pour évoquer l’appartement d’un ami collectionneur, assez calibrées pour que l’hôtel reste confortable et cohérent.
Faire entrer l’esprit d’un hôtel chez soi sans transformer son salon en réception
Reprendre l’esprit du Pigalle chez soi demande de rester raisonnable. L’objectif n’est pas d’empiler les affiches anciennes, les vinyles et les luminaires chromés jusqu’à ne plus voir le mur. Il s’agit plutôt de créer une narration personnelle. Une pile de livres réellement lus, une photo de famille encadrée sans maniérisme, une lampe chinée qui éclaire bien et un fauteuil où l’on a envie de s’asseoir : voilà déjà un point de départ solide.
Le mobilier en fibres naturelles peut aider à tempérer cette densité. Une petite table en osier, un miroir soleil en rotin ou une chaise à assise cannée introduisent de la souplesse parmi des matériaux plus denses comme le métal, le velours ou le bois foncé. Attention toutefois à la distinction : le rotin naturel est une liane souple utilisée pour les structures cintrées ; l’osier provient du saule et se prête davantage au tressage ; le bambou est une tige creuse, plus rigide. Les confondre n’empêche pas de décorer, mais connaître leur nature aide à mieux les entretenir.
Un meuble en rotin ne doit pas rester contre un radiateur ni sous un soleil direct prolongé. Passe régulièrement un aspirateur muni d’une brosse souple dans les interstices, puis un chiffon à peine humide. Évite les produits très alcoolisés, les éponges gorgées d’eau et le nettoyage à la vapeur : ils dessèchent, déforment ou fragilisent les fibres. Pour une chaise cannée ancienne dont l’assise s’affaisse, ne tente pas de retendre le panneau au hasard. Le cannage collé, inséré dans une rainure et maintenu par un jonc, ne se répare pas comme un cannage traversé réalisé brin par brin.
Pour prolonger la visite et comprendre ce qui rend cette adresse si particulière, découvre pourquoi l’hôtel signé Festen est l’un des plus charmants de la capitale. C’est un bon exercice de regard : repérer non seulement les belles pièces, mais aussi ce qu’elles permettent de ressentir.
Un intérieur inspiré de Festen raconte une histoire personnelle, jamais le catalogue complet d’une époque.
Chiner comme Festen : donner du caractère à un intérieur sans surcharger
Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay revendiquent volontiers le goût de la chine. Le duo travaille notamment avec Alexandre Guillemain, fondateur d’Artefact Design, présent au marché Paul-Bert des Puces de Saint-Ouen et dans sa galerie de la rue Visconti. Les Puces de Vanves, les déballages d’antiquaires et les recherches en ligne font aussi partie de cette cartographie. Le message est rassurant : une belle pièce ne tombe pas toujours du ciel, mais elle apparaît rarement au premier tour de brocante.
Chiner demande moins un œil d’expert qu’une méthode. D’abord, il faut savoir ce que l’on cherche. Une chaise d’appoint ? Un fauteuil de lecture ? Une table basse assez solide pour recevoir des enfants et des apéritifs ? Sans cette question simple, on risque de repartir avec une merveille trop grande, trop fragile ou impossible à intégrer. Une banquette cannelée magnifique n’a pas grand intérêt si elle bloque l’ouverture du placard de l’entrée.
Repérer la bonne pièce et estimer le coût réel de sa restauration
Pour une chaise cannée, regarde le cadre de l’assise, les trous éventuels, la régularité du motif, la présence d’un jonc de finition et l’état du bois. Un cannage légèrement grisé n’est pas forcément inquiétant. En revanche, des brins cassés, une assise profondément affaissée ou une rainure éclatée doivent être intégrés au budget. En 2026, un remplacement de cannage collé sur une chaise simple se situe généralement entre 80 et 180 euros en Bretagne ou dans une ville moyenne, et plutôt entre 120 et 220 euros en Île-de-France selon le diamètre, la finition et l’état du siège. Pour un fauteuil Louis XV ou une bergère avec travail plus complexe, compte souvent de 200 à 350 euros, voire davantage si le châssis exige une intervention complémentaire.
Le paillage est autre chose. Il concerne l’assise réalisée avec de la paille de seigle, du jonc, de l’herbe de mer ou du raphia, selon le dessin et l’époque du siège. Une chaise paillée rustique peut être rempaillée à partir d’environ 90 euros, mais une assise à motifs, une paille teintée ou une pièce ancienne demande davantage de temps. Le niveau de difficulté est expert pour une réfection traditionnelle : il faut connaître la tension de la fibre, le départ du tressage et les gestes qui évitent un siège creux ou instable. Mieux vaut confier cette étape à un artisan plutôt que d’improviser avec une bobine de jonc et beaucoup trop d’enthousiasme.
Voici les signaux qui doivent faire lever un sourcil avant l’achat :
- Une assise repeinte à la bombe qui masque des fissures ou des réparations grossières.
- Un cannage synthétique présenté comme ancien alors qu’il manque de souplesse et de finesse.
- Des pieds instables qui révèlent parfois une structure desserrée, plus coûteuse à reprendre.
- Une estampille absente ou incohérente sur une pièce vendue comme un modèle de designer.
Le meilleur achat n’est pas toujours la pièce la plus parfaite. Une chaise Thonet authentique, patinée mais structurellement saine, mérite souvent plus d’attention qu’une imitation neuve sans âme. Mesure-la, photographie les détails, vérifie le prix de la restauration et demande-toi si elle répond à un usage réel. C’est ainsi qu’une trouvaille de marché devient un meuble que l’on garde dix ans, et non un souvenir encombrant du dimanche matin.
La chine réussie commence par une question pratique et se termine par un coup de cœur raisonnable.
Festen et la psychologie des lieux : résoudre le conflit entre désir et usage
Un intérieur peut provoquer un véritable conflit entre ce que l’on rêve de montrer et ce dont on a besoin pour vivre. Une salle à manger trop précieuse décourage les repas improvisés. Un salon rempli d’objets désirables ne laisse plus aucune place pour poser un ordinateur. Une chambre pensée comme une suite d’hôtel peut manquer d’intimité. C’est là que l’approche de Festen est particulièrement utile : elle rappelle que le luxe le plus convaincant reste la facilité d’usage.
La psychologie des lieux s’observe dans les détails. Une lumière trop blanche peut rendre un beau mur triste. Une table placée contre un mur peut couper la conversation. Un fauteuil placé face à une baie vitrée devient une invitation à regarder dehors ; installé dos à la fenêtre, il peut au contraire créer une sensation d’inconfort. Ces microdécisions expliquent pourquoi certains intérieurs semblent accueillants dès la première minute, tandis que d’autres restent photogéniques mais un peu hostiles.
Festen travaille cette dimension comme une mise en scène discrète. Dans un hôtel, le visiteur doit se sentir guidé sans remarquer la main qui l’accompagne. À la maison, c’est pareil : une console près de l’entrée accueille les clés, une lampe basse rend le retour du soir plus doux, un banc invite à enlever ses chaussures. Rien de révolutionnaire, mais tout devient plus fluide.
Transformer une pièce avec des ajustements mesurés
Dans un salon, commence par observer pendant une semaine les endroits où chacun s’installe spontanément. Si tout le monde finit sur le même angle du canapé, ce n’est pas un hasard : c’est probablement là que se trouvent la meilleure lumière, la vue la plus agréable ou la proximité avec une table d’appoint. Déplace ensuite un fauteuil, ajoute une lampe ou allège une circulation. Ce travail est accessible à un niveau débutant, prend deux heures et ne demande qu’un mètre ruban, du ruban de masquage et un peu d’honnêteté sur ses habitudes.
Le ruban de masquage est d’ailleurs un allié précieux. Trace au sol l’encombrement d’un fauteuil Emmanuelle, d’une table ronde ou d’un buffet avant de les acheter. Laisse le marquage quarante-huit heures. Tu verras vite si la pièce reste praticable. Cette méthode évite la scène classique du meuble livré, magnifique, puis coincé dans l’axe de la porte comme un invité qui aurait oublié de repartir.
Pour les matières naturelles, pense aussi à la sensation tactile. Le cannage d’une assise apporte une fraîcheur très agréable l’été, mais peut demander un coussin fin pour un usage prolongé. Le rotin naturel s’accorde à une chambre, un séjour ou une véranda protégée ; il n’est pas idéal pour une terrasse exposée aux pluies. À l’extérieur, choisis un rotin synthétique de qualité si l’usage est permanent, tout en sachant qu’il n’aura ni la patine ni la finesse d’un tressage végétal.
La philosophie de Festen ne consiste donc pas à imposer une formule. Elle invite à regarder un lieu comme on écouterait une histoire : avec ses silences, ses habitudes, ses contraintes et ses possibilités. Le grand geste décoratif n’est pas toujours nécessaire. Une chaise chinée bien restaurée, une lampe mieux placée et une circulation dégagée peuvent modifier l’atmosphère plus sûrement qu’une rénovation précipitée.
Avant d’ajouter un objet, demande-toi toujours ce qu’il rend possible dans la pièce : c’est souvent là que commence un intérieur juste.
Qui compose le duo Festen ?
Festen est l’agence d’architecture intérieure créée en 2011 par Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay, tous deux issus de l’École Camondo.
Pourquoi l’agence s’appelle-t-elle Festen ?
Le mot signifie fête ou festin en danois et traduit une vision conviviale de l’habitat. Le duo apprécie aussi le film de Thomas Vinterberg, sans que son récit soit l’origine directe de l’agence.
Quel est le style décoratif de Festen ?
Le duo associe l’histoire du lieu, des lignes contemporaines franches, du mobilier vintage, des matières patinées et des pièces sur mesure. Le résultat reste chaleureux sans surcharge.
Combien coûte la restauration d’une chaise cannée ?
En 2026, compte généralement 80 à 220 euros pour un cannage de chaise simple selon la région et la technique. Un fauteuil ancien complexe peut atteindre 200 à 350 euros ou plus.
Peut-on installer un fauteuil en rotin naturel dehors ?
Le rotin naturel convient à une véranda ou un espace extérieur protégé. Pour une terrasse exposée à la pluie et au soleil, un mobilier en rotin synthétique est plus adapté.