À Bruxelles, le musée Horta a marqué le centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 avec « 100 motifs, (g)een motief, all over ». Présentée du 15 mai au 2 novembre 2025, cette exposition reste un repère précieux pour comprendre comment tapis, textiles et papiers peints ont façonné les intérieurs entre 1910 et 1945.
En bref
- L’exposition du musée Horta explorait près de cent dessins décoratifs issus de 1910 à 1945.
- Les textiles d’ameublement de la collection Van Hoe dévoilaient une richesse artistique longtemps restée discrète.
- Eileen Gray, Evelyn Wyld, Victor Servranckx et Hélène Henry y dialoguaient avec des créateurs anonymes.
- Le parcours rappelait que le motif structure un intérieur autant qu’un meuble ou qu’une couleur.
Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
| Point clé | À retenir |
|---|---|
| Période étudiée | Les motifs décoratifs de 1910 à 1945. |
| Événement repère | Le centenaire de l’exposition parisienne de 1925. |
| Œuvres présentées | Textiles, tapis, projets de papiers peints et archives visuelles. |
| À éviter | Réduire l’Art déco aux seuls motifs géométriques noirs et or. |
Au musée Horta de Bruxelles, les motifs révèlent un autre visage des arts décoratifs
Installé dans l’ancienne maison-atelier de Victor Horta, le musée Horta n’est jamais un simple écrin neutre. À Bruxelles, chaque rampe, ferronnerie, boiserie et volute rappelle que l’ornement peut organiser l’espace avec une redoutable précision. Voir une exposition consacrée aux motifs dans ce décor a donc quelque chose d’évident : on ne regarde pas seulement des dessins encadrés, on apprend à lire les surfaces qui nous entourent.
« 100 motifs, (g)een motief, all over » s’est inscrite dans l’élan du centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, tenue en 1925. Cet événement a donné son nom à l’Art déco et installé une idée alors neuve : les objets utiles, les textiles et les décors muraux méritent la même attention que les beaux-arts. En 2025, Bruxelles a largement célébré cet héritage avec l’Année Art déco portée notamment par urban.brussels et visit.brussels. L’exposition du musée Horta proposait cependant un pas de côté bienvenu.
Plutôt que de rejouer le cliché d’un Art déco réduit au zigzag, à l’éventail doré et au noir laqué, elle faisait circuler le regard entre 1910 et 1945. Cette chronologie embrasse les derniers feux de l’Art nouveau, l’effervescence des années 1920, les recherches modernistes et les années 1930 plus contrastées. Le motif y apparaît comme une langue vivante : il peut être floral, angulaire, abstrait, rythmé de couleurs franches ou presque silencieux dans un jeu de lignes ton sur ton.
Des dessins pensés pour habiter les maisons, pas seulement les vitrines
Les œuvres réunies ne se limitent pas à des projets théoriques. Elles sont liées à la vie domestique : tapis sous les pas, étoffes sur les sièges, rideaux qui filtrent la lumière, papiers peints qui donnent une cadence à une pièce. Un projet pour un tissu d’ameublement, conservé dans la collection Van Hoe, raconte déjà une ambiance possible. Il suffit d’imaginer la répétition du dessin sur deux fauteuils, un coussin ou un panneau mural pour saisir son rôle dans l’architecture intérieure.
Cette approche est particulièrement utile à celles et ceux qui aménagent aujourd’hui un appartement ancien. Le motif n’est pas une couche décorative ajoutée à la fin, comme une paire de boucles d’oreilles choisie à la hâte devant le miroir. Il intervient dès le départ : il corrige une pièce trop froide, souligne la verticalité d’un dossier de chaise, donne de la profondeur à un mur blanc ou relie une table en chêne à un fauteuil en rotin naturel.
Dans une maison de ville bruxelloise, par exemple, un tapis aux formes géométriques de l’entre-deux-guerres peut faire le lien entre des moulures anciennes et une lampe contemporaine. Dans un salon plus simple, un coussin couvert d’un motif végétal stylisé peut réveiller un fauteuil cannage de Vienne sans le déguiser. Le bon réflexe consiste à choisir un motif principal, une matière tactile et une surface calme. C’est l’équilibre qui évite l’effet « catalogue de papiers peints tombé dans la soupe ».
Le parcours du musée Horta défend ainsi une idée généreuse du patrimoine culturel : il ne vit pas uniquement dans les pièces signées. Il se glisse aussi dans les dessins préparatoires, les échantillons anonymes et les commandes destinées à l’ameublement courant. Cette attention aux objets du quotidien prépare naturellement une question essentielle : qui sont les artistes derrière cette effervescence décorative ?

La richesse artistique des créatrices et designers redonne du relief à l’entre-deux-guerres
Le grand mérite de cette exposition consacrée aux arts décoratifs tient aussi aux voix qu’elle remet au premier plan. Les récits du design ont longtemps retenu quelques grands noms masculins, quelques fauteuils manifestes et quelques bâtiments-phare. Or l’entre-deux-guerres a été nourri par une foule de créatrices, dessinatrices, décoratrices et artisanes dont les travaux entraient directement dans les maisons, les hôtels et les grands magasins.
Eileen Gray figure parmi les personnalités les plus fascinantes de cette période. Née en 1878, installée à Paris, elle a exploré la laque, le mobilier, les tapis et l’architecture avec une liberté rare. Son célèbre fauteuil Bibendum, créé vers 1926, est souvent cité pour ses volumes tubulaires. Pourtant, ses tapis méritent tout autant l’attention : leurs formes géométriques organisent l’espace avec une sobriété presque graphique, loin d’une décoration bavarde.
À ses côtés, Evelyn Wyld rappelle combien le textile peut être expérimental. Cette artiste britannique, active au début du XXe siècle, a développé des tapis et des tissages dont la matière devient langage. Les irrégularités du fil, les contrastes de densité et les compositions végétales ou abstraites ne sont pas des accidents : ils donnent au décor une présence physique. Pour un amateur de fibres naturelles, voilà un point décisif. Une surface tissée ne se contemple pas seulement avec les yeux ; elle absorbe la lumière et modifie l’acoustique d’une pièce.
Victor Servranckx et Hélène Henry, deux manières d’inventer la modernité
Le Belge Victor Servranckx, né en 1897, incarne une autre facette du modernisme. Ses recherches oscillent entre abstraction, architecture et arts appliqués. Ses compositions peuvent sembler strictes, mais elles sont rarement froides : les aplats, les angles et les couleurs construisent un rythme, presque comme une partition. Dans un intérieur actuel, son esprit se traduit moins par la copie d’un tapis historique que par une attention portée à la proportion et à la répétition.
Hélène Henry, quant à elle, a participé à renouveler les textiles décoratifs avec des compositions colorées, expressives et résolument modernes. Ces artistes rappellent que le design de la période ne se résumait pas à un vocabulaire officiel. Il y avait des lignes aériennes, des végétaux réinventés, des bandes chromatiques, des figures stylisées, mais aussi des recherches plus douces où le motif s’efface presque dans la trame.
La collection Van Hoe, montrée pour la première fois dans ce contexte, ajoutait une dimension essentielle. Les tissus anonymes y prennent une place égale aux pièces attribuées. C’est une leçon de regard très saine : dans une brocante, une étiquette manquante ne rend pas nécessairement une étoffe sans intérêt. Il faut observer le dessin, la qualité du tissage, les raccords, la palette et l’état de conservation. Un coupon de tissu ancien aux couleurs encore nettes peut être plus parlant qu’un objet signé mais maltraité.
Pour qui chine, l’exposition invite à garder quelques repères simples :
- repérer la répétition du motif et la régularité de son raccord ;
- regarder la matière au revers, car le coton imprimé, la laine tissée et la soie ne vieillissent pas de la même façon ;
- vérifier la tenue des couleurs loin d’une fenêtre, la lumière ayant souvent fait son œuvre sans demander la permission ;
- préférer un petit fragment bien conservé à un grand métrage fragilisé ou moisi ;
- ne jamais laver un textile ancien sans test préalable sur une zone invisible.
Ces pièces permettent de comprendre que la créativité de l’entre-deux-guerres s’est construite dans le dialogue entre arts majeurs et objets utiles. Le motif, dès lors, ne sert pas à remplir un vide : il produit une ambiance, une fonction que le cinéma et les images de mode ont largement relayée.
Du cinéma aux grands magasins, les motifs Art déco deviennent un langage populaire
Entre 1910 et 1945, les décors circulent vite. Ils passent des ateliers d’artistes aux catalogues, des salons bourgeois aux halls de cinéma, des tapis aux robes, puis reviennent dans les appartements sous une autre forme. L’exposition du musée Horta insistait sur ce mouvement permanent, indispensable pour comprendre pourquoi les motifs de l’époque ont touché un public si large.
Le cinéma joue un rôle considérable. Le film « L’Inhumaine », réalisé par Marcel L’Herbier en 1924 et restauré en 2015, constitue un exemple spectaculaire de cette porosité entre écran et décoration. Ses décors, ses costumes et ses volumes ne cherchent pas le réalisme domestique : ils composent un monde moderniste, théâtral, où les lignes géométriques et les contrastes font corps avec le récit. Le spectateur de l’époque pouvait y découvrir, amplifiées par la lumière et le mouvement, des formes qu’il retrouverait ensuite dans les vitrines ou les magazines.
Les grands magasins ont également accéléré cette démocratisation. Ils proposaient tissus, passementeries, papiers peints et petit mobilier à une clientèle désireuse de moderniser son intérieur sans commander un décor complet à un ensembliers. Cette diffusion ne veut pas dire uniformité. Au contraire, les fabricants multipliaient les variations : bouquets stylisés, rayures, damiers, éventails, diagonales, motifs abstraits ou inspirations venues d’ailleurs, parfois avec une lecture aujourd’hui plus critique des imaginaires coloniaux.
Ce que l’architecture Art nouveau transmet encore à l’Art déco
À Bruxelles, la comparaison entre l’univers de Victor Horta et les productions de l’entre-deux-guerres est particulièrement éclairante. L’architecture Art nouveau privilégie la ligne souple, le végétal, la continuité entre structure et ornement. L’Art déco, lui, tend à simplifier, à géométriser, à affirmer les symétries. Mais les deux mouvements ont un point commun essentiel : ils refusent de considérer la décoration comme secondaire.
Dans la maison Horta, le dessin d’une poignée ou d’une mosaïque participe à la composition générale. Dans un intérieur Art déco, le même principe s’applique à un tapis, à un panneau de papier peint ou au dossier d’un siège canné. La forme du meuble, la matière et le décor doivent se répondre. Cette logique vaut toujours pour un projet d’aménagement contemporain, même dans un deux-pièces sans moulures ni plafond à quatre mètres.
Imaginons Léa, qui vient de récupérer deux chaises cannées des années 1930 chez sa grand-tante. Leur bois est blond, le cannage est intact, mais le salon qu’elle aménage est très blanc et manque un peu de nerf. Au lieu de repeindre les chaises — à éviter si leur finition d’origine est saine — elle peut installer derrière elles un lé de papier peint à motif linéaire, ou choisir une assise textile aux rayures brun tabac et vert mousse. Le mobilier garde son histoire, le décor gagne du caractère et personne n’a besoin de recouvrir chaque centimètre carré.
Ce type d’arbitrage se retrouve dans les sélections observées lors de Maison&Objet et ses créations d’exception : les éditeurs les plus intéressants ne plaquent pas le motif sur une forme quelconque. Ils réfléchissent au dialogue entre l’objet, son usage et sa surface. Une lampe en papier, un fauteuil en moelle de rotin ou un tapis de laine deviennent ainsi des supports de composition, pas de simples accessoires photogéniques.
La leçon est simple : un motif réussi donne une cadence sans prendre toute la place. Après les avoir vus circuler du film au salon, il reste à comprendre comment les utiliser chez soi avec justesse, sans transformer la maison en décor de théâtre.
Faire entrer les motifs dans un intérieur contemporain sans alourdir le décor
Le retour des imprimés historiques dans la décoration ne réclame ni appartement haussmannien ni collection d’antiquités. Il demande surtout un peu de méthode. Les créations montrées au musée Horta rappellent que la modernité n’est pas l’absence de décor : c’est la capacité à organiser les choix. Dans un intérieur contemporain, un motif bien choisi peut apporter de la profondeur là où les murs lisses et le mobilier standardisé finissent par tout aplatir.
La règle la plus fiable consiste à répartir les rôles. Une grande surface reçoit le motif le plus structuré : un tapis, un papier peint sur un seul mur ou un rideau pleine hauteur. Les meubles en fibres naturelles, eux, apportent une respiration. Le rotin naturel, la moelle de rotin et le cannage ont une trame graphique propre ; les entourer d’imprimés très chargés peut créer une concurrence visuelle. Il vaut mieux les associer à un motif qui laisse des zones calmes.
Trois associations qui fonctionnent du salon à la chambre
Dans un salon à la lumière douce, un fauteuil Emmanuelle en rotin des années 1970 peut dialoguer avec un tapis aux formes organiques, dans des tonalités ocre, bleu grisé ou terre cuite. Le fauteuil Emmanuelle, dont le haut dossier en éventail constitue déjà un dessin spectaculaire, n’a pas besoin d’un coussin tropical multicolore pour exister. Un tissu de lin à rayures fines ou un velours uni suffit souvent.
Dans une salle à manger, des chaises bistrot à cannage de Vienne peuvent s’accorder avec une nappe à petits motifs géométriques. Le cannage de Vienne se reconnaît à son maillage hexagonal régulier, traditionnellement réalisé à partir de canne de rotin. Le choix est pertinent autour d’une table en bois brut parce que le maillage léger évite l’impression de masse. En revanche, si les chaises sont très anciennes ou fragiles, une nappe épaisse qui accroche sans cesse le cannage n’est pas la meilleure idée.
Dans une chambre, un seul panneau textile au-dessus du lit remplace avantageusement l’accumulation de cadres. On peut y tendre un tissu inspiré des années 1930 sur un châssis fin, à condition de protéger l’étoffe de la lumière directe. Cette solution est particulièrement intéressante pour un coupon ancien trop petit pour devenir rideau, mais trop beau pour dormir plié au fond d’un tiroir.
| Élément décoratif | Motif conseillé | Matière associée | À surveiller |
|---|---|---|---|
| Fauteuil en rotin | Rayure fine ou forme organique | Lin lavé, laine bouclée | Éviter les imprimés tropicaux cumulés |
| Chaise cannée | Géométrie discrète | Chêne, noyer, coton | Préserver le cannage de l’humidité |
| Mur d’accent | Éventail, végétal stylisé, damier | Bois clair, laiton patiné | Limiter à une seule grande surface |
| Tapis de salon | Abstraction inspirée des années 1920 | Laine, jute, rotin naturel | Respecter l’échelle de la pièce |
Le motif doit aussi respecter l’échelle. Dans une pièce de moins de 15 m², un dessin immense peut écraser les volumes, sauf s’il reste très peu contrasté. À l’inverse, dans un grand séjour, un semis minuscule risque de disparaître. Avant d’acheter, pose un échantillon contre le mur et recule d’au moins deux mètres. Ce geste basique évite les coups de cœur qui deviennent, une fois posés, une épreuve de patience.
Les références issues de l’artisanat et de la création contemporaine nourrissent également cette réflexion. L’univers sculptural évoqué dans l’actualité d’Eva Jospin montre combien un motif peut naître de la matière elle-même, de sa découpe et de son relief. Voilà une piste plus durable que la simple imitation d’un imprimé vu sur un écran : choisir des objets dont la fabrication dessine déjà un rythme.
Le bon intérieur n’accumule pas les références, il les fait respirer. Et pour faire durer cette respiration, les pièces en textile, rotin ou cannage doivent être entretenues avec un peu plus de soin qu’une image enregistrée sur Pinterest.
Préserver textiles, cannage et mobilier décoratif pour prolonger l’héritage du design
Les dessins présentés au musée Horta parlent d’une époque, mais leur fragilité est très actuelle. Papier, fibres végétales, laine, coton et pigments supportent mal les raccourcis d’entretien. C’est particulièrement vrai pour les meubles associant bois et cannage, dont l’équilibre dépend de la tension de la canne de rotin et de la stabilité du châssis.
Le cannage ne doit pas être confondu avec le paillage. Le premier est généralement formé de canne de rotin, souvent tressée selon un maillage hexagonal, comme le cannage de Vienne. Le paillage recouvre l’assise avec de la paille de seigle, du jonc, de l’herbe de mer ou d’autres fibres. Les gestes d’entretien diffèrent, même si une règle vaut pour les deux : éviter les sources de chaleur directe, les bains d’eau et les produits agressifs.
Les gestes concrets qui évitent d’abîmer une belle pièce
Pour dépoussiérer un fauteuil en rotin ou une chaise cannée, utilise une brosse souple ou l’embout brosse d’un aspirateur réglé à faible puissance, une fois par mois dans une pièce de vie. Passe dans le sens des fibres, sans insister sur les zones fragilisées. Un chiffon très légèrement humide peut convenir pour le bois verni, mais il ne faut jamais détremper le cannage : l’eau peut le faire gonfler, le détendre puis le fragiliser au séchage.
Les textiles anciens réclament encore plus de prudence. Une exposition prolongée au soleil décolore les rouges, les bleus et certains verts avant même qu’on ait eu le temps de dire « rideaux ouverts ». Installe-les à distance d’une baie très lumineuse, utilise une doublure pour un rideau précieux ou expose un fragment sous verre filtrant. Pour retirer une poussière superficielle, une aspiration indirecte à travers une fine moustiquaire propre peut être envisagée, avec douceur. Le lavage maison d’une étoffe ancienne, en revanche, est rarement une bonne idée.
En 2026, pour une chaise simple, un rempaillage traditionnel en paille de seigle se situe souvent entre 120 € et 250 € en France, selon la région, l’état du châssis et la technique demandée. En Île-de-France comme en PACA, les tarifs peuvent être plus élevés qu’en zone rurale. Un cannage à refaire sur une chaise de salle à manger se situe fréquemment dans une fourchette de 90 € à 180 €, tandis qu’un fauteuil Louis XV ou une bergère nécessitant préparation, démontage et finitions peut dépasser 300 €. Ces montants ne remplacent jamais le diagnostic d’un artisan, mais ils aident à comprendre qu’une restauration sérieuse est un travail de main, pas une opération express.
Avant de confier une pièce, photographie le meuble sous tous les angles, mesure l’assise et note les défauts existants. Demande si le cannage sera réalisé à la main, sur trous traversants, ou posé en nappe avec une gorge et une baguette. Le cannage traversé, plus long à réaliser, s’inscrit dans les trous du cadre et convient aux sièges anciens conçus ainsi. Le cannage collé en nappe est adapté aux cadres avec rainure ; vouloir imposer l’un à la place de l’autre serait une fausse bonne idée.
Cette vigilance rejoint l’attention portée aux décors dans les collections du Mobilier national autour de Richard Peduzzi : un objet conserve sa force quand on respecte la logique de sa fabrication. Restaurer ne signifie pas effacer les traces du temps ni repeindre systématiquement pour « moderniser ». Une patine stable, un tissage légèrement assombri ou une irrégularité discrète peuvent précisément faire la beauté d’une pièce.
Les motifs de l’entre-deux-guerres nous apprennent finalement à regarder autrement les surfaces qui nous entourent. Avant de changer un meuble ou de recouvrir un mur, observe ce qui est déjà là : une trame de cannage, le grain d’un bois, la répétition d’un tissu. C’est souvent dans ce détail que l’intérieur commence vraiment à raconter quelque chose.
Quand l’exposition « 100 motifs, (g)een motief, all over » a-t-elle eu lieu au musée Horta ?
L’exposition s’est tenue au musée Horta, à Bruxelles, du 15 mai au 2 novembre 2025, dans le cadre du centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925.
Quels artistes étaient mis en lumière dans cette exposition ?
Le parcours réunissait notamment des créations d’Eileen Gray, Evelyn Wyld, Victor Servranckx et Hélène Henry, tout en accordant une place importante aux auteurs anonymes de textiles d’ameublement.
Quelle différence entre cannage et paillage ?
Le cannage utilise principalement de la canne de rotin tressée, souvent en maillage hexagonal. Le paillage couvre une assise à l’aide de paille de seigle, de jonc, d’herbe de mer ou de fibres comparables.
Comment intégrer un motif Art déco avec un fauteuil en rotin ?
Choisis un seul motif dominant, par exemple sur un tapis ou un pan de mur, et garde des matières unies autour du fauteuil. Les rayures fines, les formes organiques et les géométries peu contrastées fonctionnent particulièrement bien.