En bref
- Maison 1870 : une demeure historique réinventée pour la vie familiale et la réception.
- Rénovation maîtrisée : ouverture du rez‑de‑chaussée avec IPN, conservation des moulures et finition wabi‑sabi en cuisine.
- Architecture d’intérieur signée Cécile Simeone : palette chaleureuse, luminaires forts, mélange mobilier ancien/moderne.
- Conseil pratique : mesurer chaque siège avant chine, prévoir 120–350 € pour un rempaillage selon la région.
Une bâtisse de 1870, discrète depuis la rue, reprend vie sous les mains d’une décoratrice-architecte d’intérieur qui conjugue respect du patrimoine et touches contemporaines. La rénovation, pensée pour accueillir une famille, illustre une créativité au service du confort.
| Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir : |
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| Point clé #1 : garder les moulures et restaurer plutôt que remplacer. |
| Point clé #2 : ouvrir le rez‑de‑chaussée coûte entre 15 000 et 45 000 € selon structure et région (2026). |
| Point clé #3 : à éviter : enlever tous les éléments d’époque au profit d’un style trop lisse. |
| Point clé #4 : chiner localement (Les Puces du Canal) et confier rempaillage/paillage aux ateliers français. |
Rénovation d’une demeure historique : préserver le charme de 1870 tout en modernisant l’usage
Traiter une demeure historique comme celle-ci, construite en 1870, demande une stratégie précise : garder l’âme, sécuriser la structure et ouvrir le plan pour la vie contemporaine. Ici, la démarche de Cécile Simeone illustre parfaitement cet équilibre. L’enjeu principal : conserver les éléments identitaires (moulures, hauteur sous plafond, disposition des fenêtres) tout en apportant la lumière et les volumes nécessaires à un mode de vie familial.
Premier geste concret : l’analyse structurelle. Avant toute démolition, un bureau d’études vérifie les portées et propose l’intégration d’IPN pour créer de larges baies. Sur ce projet, le rez‑de‑chaussée a été percé puis soutenu par des IPN : opération impressionnante qui, selon la nature du mur porteur et la région, peut se chiffrer entre 15 000 et 45 000 € (incluant études, fourniture et pose, tarif indicatif 2026). Cette fourchette est donnée pour repère ; en Île‑de‑France, les coûts peuvent s’approcher du haut de gamme, alors qu’en province l’intervention reste souvent moins onéreuse.
Deuxième geste : la restauration des décors. Plutôt que d’ôter des moulures, la solution retenue a été le recours au staff pour reconstituer les parties manquantes. Le staff permet de recréer des profils anciens avec finesse et de conserver une lecture historique dans chaque pièce. Concrètement, la technique exige un temps de séchage et un ajustement colorimétrique — compter plusieurs jours par élément sculpté.
Troisième axe : circulation et foyer. La cheminée a été déplacée pour devenir point central du salon réaménagé en U. Déplacer une cheminée implique autorisations, reprise de sol et réhabilitation du conduit ; prévoir une coordination serrée entre maître d’œuvre, ramoneur et artisans de la pierre si le manteau est d’époque.
Enfin, l’ouverture vers le jardin a été pensée pour que l’intérieur respire sans trahir l’enveloppe ancienne : menuiseries bois sur‑mesure à doubles vitrages, seuils en pierre restaurés, raccords d’enduits respectueux. Sur le plan énergétique, la rénovation a intégré des solutions simples : isolation par l’intérieur sur certaines façades, conservation des huisseries d’origine quand elles sont réparables, et installation d’un système de chauffage modulable pour les grands espaces familiaux.
Pour qui envisage un tel chantier : prioriser les interventions structurelles et la conservation des signes d’époque. L’erreur fréquente est de considérer ces éléments comme décoratifs superflus ; au contraire, ils fondent l’identité de la maison. Insight clé : une rénovation réussie ne gomme pas l’histoire, elle la met en scène pour la vie d’aujourd’hui.
Pour suivre un cas proche, lire les retours d’atelier sur la restauration du salon ou la pose d’IPN via ce guide pratique : Entretien et rénovation des pièces historiques.
Architecture d’intérieur et design contemporain : comment mixer modernité et patrimoine
L’angle d’attaque pour l’architecture d’intérieur ici est net : respecter l’ossature historique tout en injectant un langage contemporain. Le pari réussi par Cécile Simeone repose sur trois leviers : une palette cohérente, des luminaires choisis comme éléments de narration, et du mobilier qui raconte une histoire sans uniformiser l’ensemble.
Palette et matériaux. La maison joue sur des contrastes doux : murs clairs, plafonds travaillés en bois dans la cuisine, murs aux teintes profondes dans les pièces intimes. Le béton lissé blanc en plan de travail et îlot donne une allure contemporaine idéale pour une cuisine peu lumineuse. Côté pratique, un plan de cuisine sur‑mesure en béton lissé peut se situer entre 12 000 et 30 000 € selon équipements et finitions (tarif 2026, hors électroménager).
Luminaires comme signatures. Dans la maison, les luminaires sont omniprésents et volontaires : lustre en cristal dans la montée d’escalier, suspensions sculpturales au-dessus du coin repas, lampes d’appoint pour les coins lecture. Choisir la bonne échelle est primordial : une suspension doit occuper environ un tiers de la largeur d’une table pour garder un équilibre visuel. Les luminaires fixent l’intention ; ils peuvent être contemporains (Maison de Vacances, Gubi) ou vintage (trouvés en brocante ou chez Simone Sisters), mais toujours proportionnés au volume.
Mobilier et mixité. Le travail consiste à marier une pièce iconique — un canapé profond Maison de Vacances pour le coin télévision — avec des pièces chinées qui portent la mémoire (fauteuil Emmanuelle, chaise cannée Thonet). L’idée n’est pas de reproduire un catalogue thématique, mais d’assembler des pièces qui se répondent par la couleur et la matière. Par exemple, du rotin clair associé à un textile lin terracotta crée une transition douce entre l’esprit XIXe et le modernisme.
Méthode pratique pour qui veut s’inspirer : 1) établir un moodboard en format A3 (couleurs, textures, 6 photos de référence), 2) définir trois pièces maîtresses (canapé, table, luminaire), 3) chiner deux pièces d’époque (selles, miroir, commode), 4) garder 30 % d’éléments neufs pour la fonctionnalité (literie, électroménager). Cette séquence évite l’effet « musée » et garantit une maison vivante.
Influences visibles. Les clins d’œil à Pierre Paulin, Charlotte Perriand ou Pierre Guariche se lisent dans les lignes courtes et les proportions justes. Mais la patte demeure personnelle, ancrée dans la région lyonnaise et nourrie par le concept store Simone Sisters : un laboratoire où tester objets et luminaires avant leur installation.
Un dernier conseil concret : tester les luminaires en situation pendant une semaine (levées et couchers différents) pour ajuster intensité et distribution. Ce geste simple évite des erreurs coûteuses. Insight clé : le bon mix respecte l’histoire, mais s’autorise la contemporanéité comme réponse aux usages d’aujourd’hui.

Quel mobilier choisir et comment intégrer le cannage et le rotin dans une demeure historique rénovée
Le mobilier fait le lien entre l’ancien et le contemporain. Dans une telle maison, l’usage du rotin et du cannage apporte de la légèreté visuelle et une matière chaleureuse face aux murs pleins et aux volumes élevés. Mais il faut choisir en connaissance de cause : rotin naturel, rotin synthétique, paille de seigle, herbe de mer — tous ont leur place selon l’usage.
Repères matière. Le rotin naturel convient aux espaces abrités, il patine joliment mais craint l’humidité. Le rotin synthétique (PE‑rattan) est adapté aux extérieurs ou aux cuisines humides mais offre un rendu moins noble. Pour les assises traditionnelles, distinguer cannage (tissage de rotin ou fibre en hexagone) et paillage (paille de seigle tressée) est essentiel : le premier reste plus fin et aérien, le second plus robuste pour une chaise de table.
Reconnaître une Thonet authentique. Sur une chaise Thonet n°14, chercher la marque estampée sous l’assise, la nature de la courbure (vrai cintrage à la vapeur) et la distribution des perforations du cannage. En brocante, une vraie Thonet peut valoir de 150 à 700 € selon état et restauration ; une copie industrielle est souvent vendue moins de 100 € et présente des assemblages à vis visibles ou un cintrage imparfait.
Rempaillage et prix. Si le cannage est abîmé, confier la restauration à un rempailleur ou canneur est souvent préférable. En 2026, un rempaillage traditionnel en paille de seigle se situe entre 120 et 250 € pour une chaise bistrot, selon la région. En Île‑de‑France et grandes agglomérations, tabler plutôt sur 150–350 €. Pour du cannage traversé ou hexagonal, le tarif grimpe (fourniture + main d’œuvre). L’atelier de canneurs à Clamecy ou des rempailleurs à Strasbourg sont de bons exemples d’ateliers français à solliciter.
Entretien et gestes pratiques. Pour protéger le cannage : dépoussiérer une fois par mois avec une brosse douce, éviter les nettoyants alcooliques qui dessèchent la fibre, et appliquer une huile de lin diluée une fois par an si le rotin paraît sec (test préalable sur une zone non visible). Pour une chaise en paille, éviter l’exposition prolongée au soleil direct qui provoque la décoloration et la fragilité.
Où chiner ? À Lyon, Les Puces du Canal sont une excellente source de pièces avec histoire. Conseils de chine : prendre des photos détaillées, mesurer l’assise (largeur, profondeur), noter la hauteur du dossier et le diamètre des perçages de cannage. Ces mesures facilitent la remise en état et la recherche d’un rempailleur si nécessaire.
Liste d’actions concrètes avant achat d’une pièce chinée :
- Mesurer l’assise et le dossier.
- Photographier les assemblages et le dessous.
- Vérifier la présence d’une marque/estampille.
- Évaluer la souplesse du bois et la stabilité des pieds.
- Anticiper le coût du rempaillage (120–350 € selon la région).
Insight clé : le cannage et le rotin ne sont pas que décoratifs — ce sont des leviers pour alléger une maison de 1870. Bien choisis et entretenus, ils prolongent la vie des pièces et apportent ce souffle naturel si prisé.
Agir concrètement : planning, budget et étapes pour rénover une maison de 1870 inspirée par Simone Sisters
Transformer une demeure historique en nid familial demande une feuille de route claire. Voici une méthode pragmatique, testée sur des chantiers comparables, pour passer de l’idée à la réalisation sans perdre la cohérence du projet.
Étape 1 — Inventaire et priorités. Faire l’état des lieux (murs, charpente, humidité, menuiseries) puis hiérarchiser : structure > toiture > fluidité des pièces > confort thermique > esthétique. Ce séquençage évite de retoucher plusieurs fois les mêmes zones.
Étape 2 — Budget et devis. Pour un chantier complet avec ouverture de rez‑de‑chaussée, remise aux normes électriques, chauffage, menuiseries et finitions intérieures, prévoir une enveloppe qui démarre souvent à 150 000 € pour une maison familiale de taille moyenne. Les devis différeront selon la région et la complexité.
Étape 3 — Choisir l’équipe. Un architecte d’intérieur pour la lecture esthétique, un maître d’œuvre pour la coordination, et des artisans spécialisés (staffeurs, marbriers, rempailleurs). La relation de confiance est clé : demander références et visiter réalisations précédentes.
| Travail | Coût indicatif (2026) | Durée estimée |
|---|---|---|
| Ouverture rez‑de‑chaussée + IPN | 15 000 – 45 000 € | 2–6 semaines |
| Rempaillage chaise (paille/cannage) | 120 – 350 € par chaise | 48–168 h (selon style) |
| Cuisine sur‑mesure béton lissé | 12 000 – 30 000 € | 4–12 semaines |
| Restauration moulures en staff | sur devis (selon surface) | variable |
Étape 4 — Chiner et acheter. Planifier 2 demi‑journées par semaine aux puces locales (Les Puces du Canal, brocantes régionales). Apporter un mètre, une lampe torche et un œil critique : certaines pièces ont besoin d’un rempaillage simple, d’autres d’une restauration plus lourde.
Étape 5 — Installation et mise en scène. Penser circulation, positions des luminaires et zones de confort. Pour les grandes familles, privilégier un canapé profond et des places modulables pour recevoir. Une bonne habitude : installer provisoirement les luminaires et vivre la maison quelques semaines avant les choix définitifs des tissus et papiers peints.
Liens utiles pour approfondir : guide pratique sur rempaillage et paillage et dossier entretien du rotin ici.
Checklist immédiate (à faire tout de suite) :
- Mesurer les pièces et photographier les éléments d’origine.
- Contacter un bureau d’études pour évaluer les murs porteurs.
- Établir un budget initial et une marge de 15–20 % pour imprévus.
- Réserver une journée de chine aux Puces du Canal.
- Prendre rendez‑vous avec un rempailleur local si des pièces doivent être restaurées.
Insight clé : planifier, prioriser, et laisser la maison respirer le temps nécessaire entre les étapes décoratives et techniques. C’est souvent le délai qui fait gagner en cohérence finale.
Combien coûte l’ouverture d’un mur porteur avec IPN ?
Selon la complexité et la région, l’opération varie généralement entre 15 000 et 45 000 € (référence 2026), incluant études, fourniture et pose. En Île‑de‑France, prévoir le haut de la fourchette.
Rempaillage : paille de seigle ou cannage ? Lequel choisir ?
La paille de seigle est robuste et adaptée aux chaises d’usage quotidien ; le cannage (rotin) offre une esthétique plus aérienne. Le choix dépend de l’usage, de l’emplacement et du rendu souhaité.
Comment concilier luminaires contemporains et moulures anciennes ?
Jouer sur l’échelle : un luminaire fort comme un lustre en cristal peut cohabiter avec des moulures si sa taille est proportionnée. Prévoir une gradation d’éclairage pour moduler l’ambiance selon les usages.
Où chiner des pièces authentiques à Lyon ?
Les Puces du Canal restent une référence pour des trouvailles locales. Le concept store Simone Sisters, quant à lui, fonctionne comme un laboratoire pour tester objets et luminaires avant installation.